💬 Feedback

4 ans de SOS Burn-out

Une mission plus essentielle que jamais

 

Le 22 février 2022, l’asbl SOS Burn-out Belgique voyait le jour, portée par l’expérience de sa fondatrice confrontée au burn-out. Dès le départ, un constat s’imposait : trop de personnes souffrent encore en silence, sans accès à un accompagnement structuré ni à des ressources adaptées.

Quatre ans plus tard, cette mission reste pleinement d’actualité, alors que les chiffres relatifs à l’épuisement continuent de progresser.

Des chiffres interpellants

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne sur quatre sera confrontée, au cours de sa vie, à un trouble psychique. Ces troubles – qui affectent les pensées, les émotions, le comportement ou les relations sociales au point de perturber durablement le fonctionnement mental – constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique.

En Belgique, cette réalité se confirme. Entre 2018 et 2023, le nombre de personnes en incapacité de travail de plus d’un an pour cause de trouble mental ou du comportement a augmenté de 30,9 %, d’après l’INAMI.  

Ainsi, au 31 décembre 2023,

  • 37,6 % des personnes en invalidité (incapacité de plus d’un an) étaient confrontées à un trouble mental.
  • Parmi elles, 69,5 % souffraient d’une dépression ou d’un burn-out, soit près d’un quart de l’ensemble des incapacités de travail de longue durée.

Les femmes sont particulièrement concernées, représentant plus des deux tiers des cas. En termes d’âge, c’est la tranche des 55-59 ans qui compte le nombre le plus élevé de personnes en invalidité pour dépression ou burn-out. Mais les plus fortes augmentations se retrouvent chez les moins de 30 ans (+21,6 % en un an) et les 30-39 ans (+16 %). L’augmentation des invalidités touche toutes les catégories professionnelles, avec une progression particulièrement marquée chez les travailleurs indépendants.

Les données de Sciensano complètent ce panorama : si les formes sévères de burn-out restent minoritaires (seulement 1% des travailleurs), les symptômes d’épuisement légers à modérés concernent une part significative des travailleurs (12,4% des wallons). Près d’un travailleur sur dix se situe aujourd’hui en zone de risque.

 

Pourquoi ces chiffres nous concernent toutes et tous ?

Ces chiffres démontrent que le burn-out ne fait pas de distinction: il peut toucher les salarié·es comme les indépendants, les étudiant·es, les parents, les aidant·es proches ou toute personne fortement investie dans ses responsabilités.

Nous pouvons toutes et tous être concernés à un moment de notre vie :

  • soit comme personne en situation d’épuisement — confrontée à la perte d’énergie, de repères, de confiance —
  • soit comme proche d’une personne épuisée.

Dans les deux cas, l’impact est profond. Les troubles psychiques engendrent une souffrance qui a des répercussions tant sur la vie personnelle et sociale des personnes concernées que sur celle de leur entourage.

Stop à la banalisation

Le burn-out n’est ni une simple fatigue, ni un passage à vide. Il s’agit d’un état d’épuisement profond.

Contrairement aux idées reçues, il ne survient pas du jour au lendemain. Il se construit dans la durée, souvent de manière silencieuse. Fatigue persistante, perte d’enthousiasme, difficultés de concentration ou de récupération sont autant de signaux d’alerte qui traduisent un déséquilibre prolongé entre les ressources d’une personne et les exigences auxquelles elle fait face.

Certaines personnes épuisées développent des pensées particulièrement dures envers elles-mêmes, souhaitant qu’un accident ou une maladie survienne pour justifier un arrêt nécessaire.

« Lorsque j’étais en burn-out, je n’avais pas des idées suicidaires, mais des pensées toxiques. Je souhaitais qu’il m’arrive quelque chose qui m’immobilise, juste pour avoir une raison acceptable de m’arrêter. » Témoignage anonyme

Ces paroles traduisent l’intensité d’un mal-être souvent invisible, et la difficulté à reconnaître sa propre limite dans une société où la performance reste fortement valorisée.

Lorsque l’épuisement s’installe sans être reconnu ni accompagné, ses répercussions peuvent être majeures. Le burn-out, bien qu’il soit distinct de la dépression, peut évoluer vers un épisode dépressif si l’accompagnement est tardif.

 

Les répercussions du burn-out touchent :

  • le corps : fatigue chronique, troubles du sommeil, douleurs musculaires, migraines, vulnérabilité accrue ;
  • la sphère psychologique : anxiété, perte d’intérêt pour les activités habituelles, perte de confiance, perte de sens, sentiment de vide, culpabilité/honte ;
  • les relations : retrait social, repli sur soi, irritabilité, hypersensibilité, tensions familiales ;
  • la trajectoire professionnelle : arrêts de travail prolongés, perte de repères, parfois reconversion contrainte.

Selon une étude INAMI (2023), la durée moyenne d’incapacité pour burn-out diagnostiqué est de 14,6 mois, et plus de la moitié des situations ne sont identifiées qu’à un stade avancé.

Reconnaître ces réalités, c’est comprendre que le burn-out ne peut être minimisé. Il nécessite une prise en charge précoce, globale et adaptée.

 

Agir pour aller plus loin

Depuis 4 ans, SOS Burn-out Belgique accompagne et soutient les personnes en burn-out grâce à l’expertise de son équipe pluridisciplinaire. Mais le burn-out n’est pas qu’un problème individuel : il reflète un déséquilibre sociétal et exige une action collective.

Pour aller plus loin dans sa mission — prévenir, accompagner et restaurer le bien-être — l’asbl a besoin de vous. Chaque soutien compte : un don, une adhésion, du bénévolat ou même le simple partage de nos actions permet de renforcer la prévention et d’aider celles et ceux qui en ont besoin.

Ensemble, nous pouvons faire avancer la société vers un bien-être psychologique global, condition d’une société juste, durable et prospère, pour nous et pour les générations à venir.